José (24 novembre 2008)
Depuis sa déclaration de candidature à la Présidence de la République Française, jusqu'au vote du deuxième tour de cette élection avec 17 millions de votants, Ségolène Royal n'a jamais été légitimée par les caciques du Parti Socialiste.
Pire, s'est mêlée à Solférino, pendant toute la période où la Direction du Parti aurait du la soutenir, une période de tension liée au déchirement familial et passionnel entre elle et son Premier Secrétaire de mari, menant à son divorce qu'elle déclarera après l'élection de Sarkozy.
Pourtant, le lancement démocratique des candidatures du PS à l'élection présidentielle et sa désignation incontestable par les militants fin 2007, porta l'aura national du parti socialiste à un niveau jamais atteint.
Dès ce vote, la majorité des hiérarques établies et incrustées depuis des décennies dans le parti décida du sort de Ségolène : lui barrer toute hégémonie. "La casser" tel que j'ai pu l'entendre chez certains.
Ces mêmes caciques n'ont jamais voulu remettre en cause la personne de Lionel Jospin, alors qu'il avait bel et bien trahi la confiance du peuple de gauche et du parti socialiste en les abandonnant -par intérêt particulier plus que pour l'intérêt général- le soir même du premier tour de l'élection présidentielle de 2002. Soir qui, à cause de l'autisme et du manque de préfiguration de notre Direction du PS, porta au 2° Tour de l'élection présidentielle, le pire de notre cauchemar : Jean Marie Le Pen face à Jacques Chirac.
Ce même Lionel Jospin accusa la France de Gauche de ne pas l'avoir soutenu. Mais jamais l'intérêt général du Parti et du peuple de gauche n'aura été évoqué. Il n'y avait pas eu un tel précédent d'abandon politique dans l'histoire des gauches ou celle de la résistance depuis 1940.
La conséquence fut que le désastre se renouvela lors des législatives qui suivirent et dont l'inversion du calendrier "législatives après présidentielles" fut voulue par le même Lionel Jospin. La Direction du PS quant à elle ne se remit également jamais en cause suite à cet échec.
Il faudra l'arrivée d'un NPS pour tenter de faire comprendre qu'une rénovation était devenue incontournable tant à l'intérieur du Parti qu'au travers de nos institutions républicaines par la définition d'une VI° République.
Les victoires électorales consenties par le peuple pour nous donner les moyens de changer furent toujours "très hardiment" considéré comme des victoires de la Direction du PS et de son 1° Secrétaire. "le monde change, mais les hommes ne changent jamais... ". Le non au "Traité Instituant une Constitution" et dans lequel se révélait pourtant un vote de refus d'un peuple en désarroi ne comprenant pas pourquoi le PS mettait tant d'énergie à soutenir un ordre ultra libéral avec dans la composante de ses premiers articles l'élévation dans l'olympe de l'Europe "d'une économie sociale de marché hautement compétitive" acheva notre croyance dans les figures vieillissantes d'un parti en décomposition.
Pourtant François Hollande, dans sa déclaration finale et consensuelle du Congrès du Mans de 2005, une année avant que les adhérents du parti élise Ségolène Royal en candidate à la présidentielle, déclarera "ouvrir" le Parti largement et permettre sans exclusive que celui-ci devienne un parti de masse. Jack Lang en sera la cheville ouvrière et instaurera en accord avec le BN une adhésion à 20 Euros par internet dès janvier 2006.
Cette chronologie est importante pour comprendre que les adhérents à 20 Euros ne sont pas ceux de Ségolène Royal, comme cela a été si souvent décriés, mais bien la conséquence heureuse d'une décision unanime du BN fin 2005 qui permit au PS pour la première fois de son histoire de dépasser les 200 000 adhérents.
De succès en succès, d'obstacles en obstacles, celle qui ne représentait rien, arrivera à faire trembler les foules à Charletty. La détestation de nombre de nos camarades envers Ségolène Royal ne se fonde sur rien de politique, de rationnel ou qui aurait remis en cause les fondements de la gauche et de notre pays depuis la Révolution de 1789. 14 juillet 1789, évoqué par Ségolène fut sifflé par les anti-Royal au Congrès de Reims 2008 alors que les mêmes applaudirent l'éloge du Siècle des Lumières par Martine Aubry . Textes de Jaurès sur "les lumières......." ou références de Mitterrand à Epinay sur " les libéraux...... " qui furent également hués par les mêmes. Ignorant ces textes qui ont forgé la République et la Gauche française pendant plus de deux siècles.
A Reims, de votes en votes, Ségolène obtient sur sa motion E et l'apport de la motion B, 31 % des voix au Congrès.
Notre motion E arrive en tête des textes en concurrence et naturellement, comme l'avait souligné quelques jours plutôt François Hollande, devaient s'unir vers un texte commun. Ce texte fut présenté dans la nuit à la commission des résolutions et rejeté.
Malgré tous les prétextes, ce n'était pas soyons lucides de textes dont il s'agissait vraiment de discuter mais de la résistance des conservateurs à la modernité et aux nouveaux champs démocratiques que proposent Ségolène Royal. Elle reste toujours "la femme à abattre". Reims terminera par le sacre d' une impasse. Cette même "impasse", livre si promptement écrit par un Jospin amer de n'avoir pu obtenir le résultat de Ségolène en 2007, se retournera contre lui. Lui qui pensait devenir le Commandeur à la place du Commandeur n'a plus aujourd'hui qu'à se taire car il a décrédibilisé l'histoire de la gauche toute entière.
Suivent les 2 tours de désignation ce mois-ci au poste de Secrétaire National. La coalition anti-Ségolène continue son travail de sape, mais elle l'emporte une nouvelle fois en voix et en pourcentage au premier tour. Le second tour est digne des "Atrides". Dans la nuit de vendredi au samedi, 42 voix non officialisés semblent donner la victoire à Martine Aubry qui en profite -sans prudence- pour se déclarer vainqueure avant que n'arrive les votes des DOM. Mort à la vaincue. Passer de 31 % des voix sur une motion unique à 50 % des voix des militants du Parti Socialiste en dit long sur les déchirements annoncés du camp Aubry. Un patchwork d'antithèses et de personnalités antinomiques que tout sépare depuis si longtemps sauf dans une seule union hautement politique : "casser" Ségolène. "Quand on veut tuer son chien on dit qu'il a la rage".
Le plus pathétique concerne ses modestes militants à qui on fait miroiter la lune si leurs votes barrent la route de Ségolène. Où est la conscience des socialistes dans cette boue de consignes pour sauver un bateau qui s'enfonce dans le néant et annihile, en pleine angoisse économique et sociale, les quelques espoirs que conservaient de nous, l'Opinion française et internationale.
Dans notre section Léon Blum, du XI° arrondissement, la mesure de l'intelligence socialiste et celle de notre motion E a été donnée à la tolérance. Nous avons accordé notre confiance à un Secrétaire de Section Michel Puzelat qui pourtant n'a pas été signataire de notre motion. Ce que nous avons pu faire dans notre section nous pensions le voir réaliser dans les instances de notre Congrès, au travers des intelligences qui auraient dialoguées, confortées leurs positions et les nôtres, trouver des solutions pour le peuple de gauche qui nous interroge en France, en Europe ou ailleurs. Notre système de votes est archaïque et sujet depuis des décennies à litiges et doutes. Lorsque la mathématique des nombres et des motions cumulées auraient donné vainqueure Martine Aubry, les faits politiques ont rayé cette accumulation des contraires pour la "force du destin" , celle de Ségolène Royal qui rétablit l'équilibres des justes mais créé un nœud gordien. Nous voulons réunir sans altérer la future direction rénovée de notre parti. Il faut maintenant que les militants tranchent se "nœud". Ségolène l'a souhaité, le vote doit être refait et nous devons retourner aux urnes. Le différentiel infinitésimal l'exige, la démocratie aussi, les militants doivent répondre de ces doutes incrustées dans des traditions de votes obsolètes. Répondons une nouvelle fois devant l'opinion que ce parti peut encore se relever et défier le pouvoir de droite en place. N'activons plus pour ce troisième tour, les consignes, les téléphones, les pressions, les obligations que l'histoire des postes obtenus trainent comme des boulets. Votons simplement en conscience et pas en consigne.
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